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Fin septembre 2026 : pourquoi la situation rappelle-t-elle la violente tempête de 1952 ?
À quelques jours seulement du début du mois d’octobre, une configuration météorologique particulièrement spectaculaire va se mettre en place sur l’Atlantique Nord. Une profonde dépression devrait se creuser à proximité des îles Britanniques entre mardi 29 et mercredi 30 septembre, tandis que de l’air subtropical très chaud remontera à l’avant vers une grande partie de l’Europe occidentale.
Cette situation présente un parallèle étonnant avec celle observée pratiquement jour pour jour 74 ans plus tôt, à la fin du mois de septembre 1952. À l’époque, deux anciens cyclones avaient été repris par la circulation atmosphérique des moyennes latitudes avant de traverser directement la France.
Les conséquences avaient alors été considérables avec, notamment, des rafales atteignant 180 km/h à Tours.
Il faut toutefois préciser d’emblée qu’aucune tempête comparable n’est actuellement annoncée sur la France pour cette fin septembre 2026. Le système attendu devrait évoluer beaucoup plus à l’ouest puis au nord de notre pays. Mais la comparaison des mécanismes atmosphériques reste particulièrement intéressante.

Le 27 septembre 1952, un premier ancien cyclone est repris par une circulation très dynamique sur l’Europe occidentale.
Septembre 1952 : deux anciens cyclones frappent la France
La fin du mois de septembre 1952 fut exceptionnelle.
Les 27 puis 30 septembre, deux anciens cyclones ayant perdu leurs caractéristiques tropicales furent repris par la circulation d’ouest avant de traverser la France. Selon les archives de Météo-Villes, ces systèmes provoquèrent des vents extrêmement violents, notamment entre la Touraine, le Poitou, le sud des Pays de la Loire et le nord-est du pays. Météo Paris
Les valeurs relevées restent impressionnantes plus de sept décennies plus tard : 180 km/h à Tours, 140 km/h à Bourges, 135 km/h à Brétigny-sur-Orge et 115 km/h à Orléans. Des maisons furent endommagées ou détruites et les dégâts furent très importants dans plusieurs régions. Météo Genève
Il faut toutefois garder à l’esprit que ces valeurs de vent ont été relevées à une époque où les anémomètres et les méthodes de mesure différaient de ceux utilisés aujourd’hui. Les comparaisons doivent donc être faites avec prudence, certaines valeurs pouvant éventuellement apparaître un peu plus élevées que celles qui seraient mesurées dans les mêmes conditions avec les instruments actuels.
Le second épisode, autour du 30 septembre 1952, toucha plus particulièrement les régions de l’Ouest et du Nord. Sur le littoral atlantique, le vent et la mer provoquèrent également des submersions et d’importants dégâts.

La tempête de septembre 1952 provoqua de très importants dégâts, notamment sur le littoral.
Ce qui rend cet épisode particulièrement intéressant aujourd’hui est son origine. Il ne s’agissait pas simplement d’une dépression classique née sur l’Atlantique Nord mais de systèmes initialement tropicaux, progressivement absorbés par la circulation perturbée des moyennes latitudes.
C’est précisément ce type d’interaction qui attire de nouveau notre attention cette année.
En 2026, la tempête tropicale Fay évolue au milieu de l’Atlantique
Ce vendredi 25 septembre 2026, la tempête tropicale Fay est toujours présente sur l’Atlantique central.
Selon le National Hurricane Center américain, Fay se situe à plus de 1 600 kilomètres au sud-ouest des Açores. Ses vents moyens atteignent actuellement environ 85 km/h, pour une pression centrale proche de 1005 hPa. Le système se déplace lentement vers l’ouest. Centre national des ouragans
Le NHC prévoit toutefois son affaiblissement progressif : Fay devrait perdre ses caractéristiques tropicales au cours du week-end et devenir un minimum résiduel. Les prévisions officielles envisagent même sa dissipation d’ici lundi 29 septembre. Centre national des ouragans

Carte du National Hurricane Center montrant Fay sur l’Atlantique le 25 septembre 2026.
Fay évolue actuellement très loin des côtes européennes et ne menace directement aucun territoire.
Il serait donc abusif d’affirmer aujourd’hui que Fay elle-même va devenir la profonde dépression attendue près de l’Europe.
En revanche, son environnement tropical et subtropical va se retrouver à proximité d’une circulation atmosphérique extrêmement dynamique sur l’Atlantique Nord. C’est cette interaction à grande échelle qui peut rappeler, dans son principe, ce qui s’était produit en 1952.
Une très profonde dépression attendue près des îles Britanniques
Les modèles météo envisagent en effet un creusement dépressionnaire spectaculaire au tout début de la semaine prochaine sur l’Atlantique Nord.
Sur les simulations disponibles, une dépression pourrait devenir très profonde à proximité ou à l’ouest des îles Britanniques autour du mardi 29 ou mercredi 30 septembre.
À l’avant de cette dépression, les vents de sud à sud-ouest aspireront simultanément une masse d’air exceptionnellement chaude en provenance de latitudes subtropicales.
C’est d’ailleurs ce mécanisme qui explique pourquoi les températures pourront encore dépasser les 30°C dans plusieurs régions françaises lors des deux dernières journées de septembre, alors même qu’une profonde dépression évoluera à seulement quelques centaines ou milliers de kilomètres plus à l’ouest.
Carte prévue pour le 30 septembre 2026 montrant la profonde dépression sur l’Atlantique Nord.
Une dépression très creuse devrait circuler à proximité des îles Britanniques, mais son cœur resterait à distance de la France.
La ressemblance avec 1952 s’arrête cependant sur un point essentiel : la trajectoire.
En 1952, les systèmes avaient traversé directement le territoire français. En 2026, les scénarios actuellement envisagés maintiennent le cœur de la dépression nettement plus au nord-ouest.
Pourquoi la France devrait cette fois échapper à une tempête comparable
C’est finalement une différence de quelques centaines de kilomètres dans la circulation générale qui change complètement les conséquences.
Si le cœur de la dépression devait traverser la France, le contraste entre l’air subtropical très chaud situé à l’avant et l’air nettement plus frais présent sur l’Atlantique pourrait favoriser une situation beaucoup plus agitée.
Mais ce n’est pas le scénario privilégié actuellement.
La France devrait plutôt se trouver sur le flanc sud-est du vaste système dépressionnaire. Certaines régions, notamment celles proches de la Manche et de l’Atlantique, pourraient connaître davantage de vent et le passage de perturbations, mais rien ne permet actuellement d’envisager des rafales comparables aux 180 km/h observés à Tours en septembre 1952.
Le parallèle historique est donc fascinant précisément parce qu’il montre combien la trajectoire d’une dépression peut transformer les conséquences météorologiques sur notre pays.
Le 30 septembre 1952, la France se trouvait directement sur la route d’anciens cyclones devenus de violentes tempêtes extratropicales.
Le 30 septembre 2026, une mécanique atmosphérique spectaculaire devrait de nouveau se produire sur l’Atlantique Nord, dans un contexte tropical actif et avec une remontée d’air chaud remarquable vers l’Europe.
Mais cette fois-ci, la France devrait rester à l’écart du cœur de la tempête.
À quelques jours de l’échéance, l’évolution exacte de la dépression devra malgré tout être surveillée car de faibles modifications de trajectoire peuvent encore changer sensiblement la répartition du vent et des pluies sur l’Europe occidentale.
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