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La grêle peut provoquer des dégâts particulièrement importants à partir du milieu du printemps, et notamment au mois de mai… 

 

 

Les régions du Sud-Ouest sont les plus frappées par les dégâts liés à la grêle

 

En France, la répartition des épisodes de grêle suit globalement celle des orages : les régions les plus exposées sont donc aussi celles où l’activité orageuse est la plus fréquente. Le Sud-Ouest, en particulier, constitue une zone très vulnérable. Dans le Périgord et plus largement sur les contreforts ouest du Massif central, des orages de grêle particulièrement destructeurs se produisent régulièrement. Alimentés par l’air chaud et instable remontant de la péninsule Ibérique, ces orages gagnent en intensité au contact du relief, favorisant la formation de grêlons parfois très volumineux.

Si les images les plus spectaculaires — cultures ravagées, toitures endommagées, véhicules criblés d’impacts — sont souvent associées au cœur de l’été, entre juin et août, la période la plus propice à la formation de grêle en France se situe en réalité à la fin du printemps, et plus précisément au mois de mai. Ce mois apparaît comme un moment charnière où les conditions atmosphériques sont particulièrement favorables à la genèse d’orages grêligènes.

 

Carte des zones particulièrement touchées par la grêle en France – source : ouvrage Météo Extrême – Guillaume Séchet

 

 

Le mois de mai est particulièrement exposé aux violents orages de grêle

 

En effet, en mai, l’ensoleillement est déjà important : le soleil, plus haut dans le ciel, réchauffe efficacement les basses couches de l’atmosphère. Cet air chaud et humide près du sol devient instable, surtout lorsqu’il est surmonté par de l’air encore très froid en altitude — une situation fréquente à cette période de l’année. Ce contraste thermique vertical crée un environnement idéal pour le développement de puissants cumulonimbus, ces nuages d’orage capables de générer de fortes précipitations et de la grêle.

C’est cette combinaison — chaleur au sol, froid en altitude et humidité suffisante — qui explique pourquoi le mois de mai est particulièrement grêligène en France. Les courants ascendants au sein des orages y sont souvent très vigoureux, permettant aux grêlons de grossir en effectuant plusieurs allers-retours dans le nuage avant de tomber au sol.

Ainsi, même si les épisodes les plus destructeurs sont souvent observés en été, le printemps, et surtout le mois de mai, constitue la période la plus favorable à la formation de grêle. Cette réalité météorologique explique pourquoi de nombreux épisodes marquants se produisent à cette époque de l’année, faisant de mai un mois à surveiller tout particulièrement en matière de risques orageux.

 

 

Répartition des chutes de grêle par mois en France par taille de la grêle (A0 = moins de 1 cm et A5 = plus de 5 cm) – source : Anelfa et ouvrage Météo Extrême – Guillaume Séchet

 

 

Des orages de grêle parfois très destructeurs en cette saison… 

 

Au fil des décennies, plusieurs orages de grêle survenus en avril et en mai ont particulièrement marqué la France par leur intensité et leurs conséquences spectaculaires.

Le 13 mai 1922,  un orage de grêle historique éclate sur Montpellier. Les passants abandonnent voitures (charrettes) et animaux pour se réfugier dans les magasins. A la fin de l’orage l’épaisseur de grêle était de 80 cm dans la rue de la Saunerie (en face de l’église Saint-Denis). Devant l’ampleur des dégâts, le 2ème régiment du génie, alors en garnison à la caserne Joffre (actuel lycée), est envoyé pour déblayer les rues.

 

L’incroyable orage de grêle du 13 mai 1922 à Montpellier – chronique météo-paris.com

 

Le 8 mai 1923, un épisode d’une violence exceptionnelle frappe l’Ouest du pays. Des grêlons atteignant 700 grammes causent des dégâts considérables. À Domfront, la tempête est telle que les vents arrachent littéralement les toitures, laissant la commune dévastée. Cet événement reste l’un des plus impressionnants du début du XXe siècle.

Quelques décennies plus tard, du 14 au 18 mai 1960, c’est Strasbourg qui subit une série d’orages violents. Les grêlons, comparables à des balles de tennis, témoignent d’une intensité rare et rappellent un épisode déjà historique survenu dans la région deux ans plus tôt.

Le 22 avril 1968, un phénomène tout aussi spectaculaire se produit à Soissons. Dans certaines rues, la grêle s’accumule jusqu’à un mètre d’épaisseur, paralysant complètement la circulation. La situation est si extrême que des bulldozers doivent être mobilisés pour dégager les voies, donnant à la ville un aspect hivernal en plein printemps.

Plus récemment, le 31 mai 2003, un orage très localisé frappe le nord de Paris. En peu de temps, une couche de 50 centimètres de grêle recouvre le sol. Les célèbres vignes de Montmartre sont détruites, illustrant la vulnérabilité même des zones urbaines face à ces phénomènes.

Le 15 mai 2008, à Toulouse, des grêlons de plus de 3 centimètres de diamètre provoquent d’importants dégâts matériels, notamment sur des dizaines de milliers de véhicules. Cet épisode souligne l’impact économique majeur que peuvent avoir ces orages.

Le 25 mai 2009, un événement record est observé à Raillencourt-Sainte-Olle, où certains grêlons atteignent 12 centimètres de diamètre, les plus gros jamais photographiés en France. Leur taille exceptionnelle illustre la puissance extrême que peuvent atteindre ces orages printaniers.

 

Grêlons record en France recueillis le 25 mai 2009 – chronique météo-paris.com

 

Le 19 mai 2025 a été marqué par une importante vague orageuse au sud-ouest. Des supercellules ont généré de gros grêlons, causant d’importants dégâts dans certaines localités.

 

 

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Auteur : Guillaume Séchet

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