Météo  Republié via Innoreader Lire la Suite

Alors que la France vit l’une des plus graves sécheresses de son histoire, cet automne pourrait marquer un tournant. Les tendances à long terme envisagent une bascule vers un scénario opposé, amenant des pluies abondantes d’ici la fin de l’année.

 

Vers une fin d’année très arrosée ?

La France vit actuellement l’une des sécheresses les plus marquées de son histoire, égalant voire battant les niveaux de 1976 dans plusieurs régions. Et pourtant, les tendances pour l’automne et l’hiver à venir sont radicalement différentes avec une tendance qui pourrait s’inverser.

Cela fait déjà plusieurs mois que les modèles saisonniers projettent une fin d’année humide sur l’Europe et la France et cette donne semble se confirmer à l’approche du début de l’automne météorologique, qui arrive désormais dans une dizaine de jours seulement.

En effet, les précipitations seraient déjà plus fréquentes au cours du mois de septembre 2026 avant qu’un courant océanique dépressionnaire ne domine largement au cours du dernier trimestre de l’année. Le trio octobre-novembre-décembre pourrait être nettement excédentaire en France en terme de pluviométrie.

 

Anomalie pluviométrique modélisée pour le trimestre octobre-novembre-décembre 2026 – ECMWF

 

 

Selon les tendances actuelles, ce flux océanique dépressionnaire serait de plus en plus fort au fur et à mesure que l’on s’approcherait de la fin de l’année. Même si les pluies feraient un retour remarqué au cours de l’automne, les anomalies pluviométriques les plus importantes concernent le mois de décembre.

Comme le montre la carte ci-dessous, le modèle européen envisage un mois de décembre 2026 particulièrement pluvieux sur une grande partie de la France. Une succession de perturbations venues de l’océan est modélisée, pouvant aussi s’accompagner de coups de vent et de tempêtes.

Notons que les tendances pour la fin de l’année sont très pluvieuses mais également très douces. Ce n’est pas une surprise car un courant d’ouest vigoureux s’accompagne toujours d’air océanique doux et tend à rejeter les masses d’air froid loin de la France.

 

Anomalie pluviométrique modélisée pour le mois de décembre 2026 – meteologix.com

 

 

Sécheresses puis inondations : la nouvelle alternance ?

Comme le montre le graphique ci-dessous, l’indice d’humidité des sols atteint des niveaux historiquement bas en France depuis le début du ce mois d’août 2026. En moyenne nationale, jamais les sols n’avaient été aussi secs dans le pays !

Cette situation est d’autant plus remarquable que nous avions connu un hiver particulièrement humide. Au mois de février dernier, les sols étaient saturés en eau et nous battions des records ! Nous sommes véritablement passés d’un extrême à l’autre – du record humide au record de sécheresse – en moins de six mois.

Ce contraste entre des sécheresses de plus en plus fréquentes durant l’été puis des automnes et des hivers de plus en plus humides s’inscrit dans le contexte du réchauffement climatique, qui tend à répartir les pluies de manière de plus en plus inégale entre la saison chaude et la saison froide.

 

Indice d’humidité des sols en France par rapport à la normale (2026 en rouge) – Météo France

 

 

Comme nous l’avons vu en cette année 2026, débuter l’année avec des précipitations records et des inondations dans de nombreuses régions n’empêche absolument pas le développement d’une sécheresse historique quelques mois plus tard, en cas d’été très chaud et très sec.

Cela signifie aussi qu’une pluviométrie remarquable durant la saison froide ne protège plus du risque de sécheresse, du fait de la multiplication des périodes sèches en été et de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des canicules, qui engendrent une évapotranspiration très importante.

Ainsi, les sols remarquablement secs que connaît la France à l’aube de cette fin d’été n’excluent absolument pas que nous puissions basculer d’un extrême à l’autre au cours de l’hiver prochain si l’automne et l’hiver venaient à nous proposer une succession d’épisodes pluvieux importants.

 

Avant la sécheresse, 2026 avait débuté sous le déluge et les crues, ici la Laïta à Quimperlé (29) le 22 janvier 2026 – photo Delphy Quimperlé

 

 

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Auteur : Alexandre Slowik

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