Météo Republié via Innoreader Lire la Suite

La neige gagne du terrain : quel hiver en France ?
Après un mois de septembre de nouveau exceptionnellement chaud et un ressenti encore estival au début du mois d’octobre, notamment sur une large partie sud de la France, la fraîcheur a fait son retour sur notre pays en liaison au passage d’une zone dépressionnaire s’étant isolée ces dernières heures près du golfe de Gênes.
Outre le retour d’un temps plus humide à son passage, celle-ci s’est donc également accompagnée d’une nette baisse des températures sur la majorité du pays et donc du retour de la neige en montagne. Quelques centimètres ont ainsi pu être observés dès 2000/2100 m d’altitude du côté des Pyrénées ce jeudi 8 octobre.

Neige au col du Tourmalet dans les Pyrénées ce 8 octobre 2026 – Via Skaping
Le retour de la neige en cette période de l’année est toutefois loin d’être inhabituel et celui-ci se montre même tardif en ce début d’automne 2026. En effet, les chutes de neige sur nos sommets peuvent se produire dès les premiers jours de septembre, comme ce fut notamment le cas en 1965 et en 1992, lorsque de puissantes descentes d’air froid avaient abaissé la limite pluie-neige vers 1 200 m dans les Alpes.
D’autres épisodes marquants ont été observés les 14 septembre 2017 et du 24 au 27 septembre 2020, avec des chutes de neige parfois abondantes sur les massifs alpins et pyrénéens, ainsi qu’un blanchiment temporaire des sols dès 1 100 m dans les Alpes du Nord en 2020. Plus récemment, en septembre 2024, la neige avait également fait son retour sur plusieurs massifs français dès la mi-septembre.
L’avancée progressive de la saison froide est néanmoins de plus en plus visible à des latitudes plus élevées sur l’hémisphère nord avec la survenue des premiers épisodes neigeux entre le nord de l’Amérique, la Scandinavie et la Russie.
Par rapport au 8 octobre 2025, l’enneigement est sensiblement plus étendu sur le nord-ouest de l’Amérique, mais moins important dans certaines régions de Sibérie et du nord-est de la Russie. Cette comparaison d’une année sur l’autre ne doit toutefois pas être confondue avec les anomalies par rapport à la normale climatique, qui montrent une situation plus contrastée.

Comparaison des enneigements entre le 8 octobre 2026 et le 8 octobre 2025 – Rutgers University
L’enneigement du début du mois d’octobre peut-il influencer notre hiver en Europe et en France ?
Il est néanmoins tout à fait logique que des disparités soient observées en fonction des années au niveau du manteau neigeux du début du mois d’octobre sur l’hémisphère nord. Cette année, celui-ci se montre sensiblement excédentaire sur l’est et le centre de la Sibérie mais globalement déficitaire sur le reste des régions concernées.

Anomalies d’enneigement sur l’hémisphère nord au 8 octobre 2026 – Rugers University
Mais au-delà de ces disparités, l’enneigement observé en Sibérie à cette période de l’année pourrait également fournir quelques indices sur les conditions météorologiques des prochains mois. Plusieurs études scientifiques se sont en effet intéressées au lien entre la progression du manteau neigeux en automne sur le continent eurasiatique et la circulation atmosphérique durant l’hiver suivant.
L’enneigement de la Sibérie au début de l’automne pourrait en effet jouer un rôle dans les conditions météorologiques de l’hiver suivant en Europe. Selon certaines études scientifiques, une progression rapide du manteau neigeux en Eurasie au cours du mois d’octobre pourrait favoriser des perturbations du vortex polaire stratosphérique. Ce phénomène est susceptible de modifier la circulation atmosphérique et de favoriser, dans certaines configurations, des descentes d’air froid vers l’Europe.
Cette hypothèse repose toutefois sur des mécanismes complexes qui ne se produisent pas chaque année. Si plusieurs travaux ont mis en évidence un lien entre l’enneigement automnal eurasiatique et certaines configurations de circulation hivernale, cette relation s’est affaiblie au cours des dernières décennies. Un enneigement supérieur à la normale ne signifie donc pas nécessairement que l’hiver sera plus froid, pas plus qu’un déficit de neige ne permet d’écarter le risque de vagues de froid.
Pour le moment, les prévisions saisonnières privilégient un hiver 2026-2027 globalement doux et perturbé sur l’ouest de l’Europe et la France. Un flux océanique potentiellement actif pourrait ainsi dominer une grande partie de la saison froide, apportant des perturbations fréquentes et des masses d’air généralement douces en provenance de l’Atlantique.

Anomalies de températures et de précipitations sur l’Europe envisagées pour l’hiver 2026/2027 – C3S
Des épisodes plus froids et potentiellement neigeux resteraient néanmoins possibles, mais pourraient se montrer relativement brefs face à la prédominance de ce courant océanique.
Cette tendance pourrait notamment s’inscrire dans le contexte du puissant épisode El Niño actuellement en cours dans le Pacifique. Ce phénomène climatique est en effet associé, en moyenne, à des conditions dépressionnaires plus marquées sur l’Atlantique Nord en début d’hiver, favorisant un temps plus doux et légèrement plus humide sur l’ouest de l’Europe. Une configuration qui serait donc plutôt favorable à un temps perturbé et océanique sur la France, même si cette influence reste variable d’une année à l’autre et ne permet pas, à elle seule, de prévoir la circulation atmosphérique de l’ensemble de la saison froide.
À lire également :
>>> Hiver 2026-2027 : les nouvelles prévisions pour la neige en France
>>> El Niño bat déjà tous les records et va continuer de s’intensifier jusqu’à la fin de l’année !
>>> Après les fortes pluies, l’anticyclone reprend le pouvoir
>>> Nos tendances saisonnières
>>> Notre chronique sur les évènements climatiques en France, depuis 1850
>>> Notre bulletin météo réactualisé quotidiennement
>>> Notre compte Twitter très suivi et référence dans tous les médias !
Auteur : Tristan Bergen
