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Les prochaines semaines pourraient rester très sèches et chaudes à l’échelle de la France… La carte des anomalies de précipitations pour l’Europe de l’Ouest pour le mois de septembre est d’ailleurs très inquiétante en ce qui concerne une grande moitié Nord.

 

 

Un mois d’août chaud et sec ? 

 

Après un mois de juillet marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs et des records parfois historiques, nombreux sont ceux qui espèrent voir les températures retrouver des niveaux plus “habituels” au cours des prochaines semaines. Pourtant, les dernières tendances saisonnières ne vont pas vraiment dans ce sens.  À ce stade, les principaux modèles saisonniers s’accordent en effet sur un scénario globalement chaud et relativement sec pour la fin de l’été.

Les deux modèles privilégient un mois d’août plus chaud que la normale sur l’ensemble de la France. Les anomalies de température pourraient atteindre +1 à +2°C, voire davantage localement si des conditions anticycloniques persistantes favorisent le retour de nouvelles vagues de chaleur.

Bien sûr, cela ne signifie évidemment pas qu’il fera très chaud chaque jour et ce sur la totalité de la France. Des périodes plus fraîches sous l’influence d’un air plus océanique resteront possibles, mais elles devraient être temporaires. La tendance générale reste clairement orientée vers un mois d’août plus chaud que la normale en France. 

 

Anomalies de températures durant le mois d’août 2026 en Europe – C3S et CFS

 

 

Du côté des précipitations, les signaux sont également peu encourageants. Les dernières simulations suggèrent des cumuls souvent inférieurs aux normales sur une grande partie du pays, notamment sur les régions de la moitié nord et de l’ouest.

Même si l’été reste propice aux épisodes orageux, parfois violents et capables de déverser plusieurs dizaines de millimètres de pluie en peu de temps, il est peu probable qu’un temps durablement humide s’installe sur notre pays. Si le scénario  américain CFS est un peu plus humide, la plupart de ces précipitations se feraient sous forme d’orages, autrement dit des précipitations très hétérogènes, comme c’est souvent le cas en cette saison, certaines communes pourront être copieusement arrosées tandis que quelques kilomètres plus loin, les sols resteront totalement secs.

Ces épisodes ne suffiraient donc pas à enrayer une sécheresse déjà bien installée.

 

Anomalies de précipitations durant le mois d’août 2026 en Europe – C3S et CFS

 

 

Septembre : peu de changement en perspective

À plus longue échéance, les tendances restent remarquablement similaires pour le mois de septembre.

Les températures demeurent orientées au-dessus des normales sur la France et plus largement sur une bonne partie de l’Europe occidentale. Les anomalies paraissent un peu moins marquées qu’en août, mais les hautes pressions pourraient continuer à s’imposer régulièrement, limitant les véritables séquences automnales, sauf en allant vers la Méditerranée où l’air pourrait se montrer sensiblement moins chaud en raison d’un temps possiblement très instable. 

 

Anomalies de températures durant le mois de septembre 2026 en Europe – C3S et CFS

 

 

Concernant les précipitations, les incertitudes augmentent naturellement à cette échéance. Malgré cela, aucun signal robuste ne laisse entrevoir un mois durablement perturbé à l’échelle du pays, excepté près de la Méditerranée où il conviendra d’ailleurs de surveiller l’occurence d’épisodes pluvio-orageux potentiellement virulents et diluviens. Sur le reste du pays la tendance pourrait rester sèche à très sèche selon les dernières tendances, de façon similaire à ce que nous avons connu ces dernières semaines et même ces derniers mois. 

 

Anomalies de précipitations durant le mois d’août 2026 en Europe – C3S (ECMWF) et CFS

 

 

Autrement dit, si quelques perturbations plus actives ou épisodes méditerranéens restent tout à fait envisageables, ils ne devraient pas être suffisamment fréquents pour inverser durablement la tendance à l’échelle du pays, excepté peut-être près de la Méditerranée où ce mois de septembre pourrait se montrer très humide et perturbé.

Si ce scénario venait à se confirmer, les conséquences pourraient rapidement devenir plus marquées. Les sols sont déjà très secs sur de nombreuses régions après plusieurs semaines de fortes chaleurs et un déficit pluviométrique parfois important. Chaque nouvelle période chaude accentue l’évaporation et réduit davantage les réserves en eau des sols. Les débits de nombreux cours d’eau pourraient ainsi continuer à diminuer, les restrictions d’usage de l’eau s’étendre à de nouveaux secteurs et le risque d’incendie rester très élevé sur de nombreuses régions, et ce jusqu’au début de l’automne

Bien entendu, les prévisions saisonnières restent des tendances à grande échelle et non des prévisions du temps au quotidien. Elles pourront encore évoluer dans les prochaines semaines. Néanmoins, le fait que les principaux modèles saisonniers convergent actuellement vers un scénario chaud et sec renforce la crédibilité de cette tendance. Si elle venait à se confirmer, la fin de l’été pourrait donc ne pas apporter l’amélioration tant attendue sur le front de la chaleur et de la sécheresse.

 

 

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Auteur : Tristan Bergen

 

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