Météo Republié via Innoreader Lire la Suite

La pluie n’en finit plus de tomber sur la France, causant des crues majeures dans la moitié ouest. Comment expliquer qu’il pleut autant depuis le début de l’année et cette situation est-elle exceptionnelle ? Notre article vous explique.
Une circulation atmosphérique atypique
Depuis le début de l’année 2026, le courant jet circule à des latitudes plus basses qu’en temps normal. Il a longuement ondulé de la côte est des États-Unis vers les Açores avant de passer par la péninsule ibérique et la Méditerranée. Ainsi, il a permis aux dépressions de s’enchaîner sur la péninsule ibérique et la Méditerranée avec des pluies affectant une grande partie de la France. En remontant quelque peu, ce jet passe désormais au dessus de la France et maintient l’agitation. De plus, ajoutons que les vagues de froid nord-américaines ont dynamisé l’activité dépressionnaire sur l’Atlantique. En arrivant au dessus de l’océan, l’air polaire favorise le creusement des dépressions, qui traversent ensuite l’Atlantique vers l’Europe.

Schéma montrant la circulation basse en latitude du courant jet fin janvier et début février 2026 – Météo Villes
Ainsi, cela fait maintenant plusieurs semaines que l’activité dépressionnaire est particulièrement marquée sur notre pays et globalement sur tout l’ouest de l’Europe. Sur la période du 1er janvier au 15 février 2026, l’anomalie de pression atteint -19 hPa par rapport à la normale au large de la Bretagne ! Un tel déficit sur une période de 45 jours est spectaculaire et témoigne de l’activité dépressionnaire hors norme qu’a subi la France. Si vous consultez régulièrement votre baromètre, vous avez surement remarqué que la pression est souvent très basse depuis le début de l’année 2026.

Anomalie de pression du 1er janvier au 15 février 2026 – keraunos.org
Des cumuls de pluie vraiment remarquables
Sur les 45 premiers jours de l’année, 39 ont enregistré au moins 1 mm de pluie en moyenne nationale ! Cela signifie que 87% des jours ont été pluvieux en France depuis le début 2026, un chiffre remarquable ! Non seulement la pluie a été anormalement fréquente mais elle est aussi anormalement abondante. La Bretagne symbolise cet excès de pluie avec des cumuls tout bonnement remarquables. Au 18 février, il est déjà tombé 566 mm de pluie à Quimper depuis le début de l’année ! Cela représente 260% du cumul normal, c’est à dire qu’il est tombé 2,6 fois plus de pluie que lors d’un début d’année moyen ! Jamais de telles pluies n’avaient été observées depuis le début des mesures. Sur le graphique ci-dessous, on note l’absence d’accalmie avec des courbes qui croissent presque continuellement.

Cumuls de pluie sur plusieurs villes bretonnes depuis le début de l’année 2026 – Le Parisien
Autre indicateur qui permet de montrer que ce début d’année 2026 est véritablement exceptionnel : l’indice d’humidité des sols atteint des records. En effet, en date du 17 février 2026, l’indice moyenné à échelle nationale est à son plus haut niveau depuis le début des mesures pour cette époque de l’année. D’ailleurs, il arrive même sur le podium des situations où les sols ont été les plus humides en France, toutes dates confondues. Seuls décembre 1982 et janvier 1994, théâtres de graves inondations, avaient connu une humidité moyenne légèrement supérieure à la situation actuelle.

Indice d’humidité des sols en moyenne nationale du 18 février 2025 au 17 février 2026 – Météo France
En résumé : la situation actuelle est véritablement remarquable avec des crues spectaculaires générées par des pluies parfois records, elles-mêmes liées à une séquence remarquablement dépressionnaire, tant par son intensité que sa durée.
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Auteur : Alexandre Slowik
