Météo Republié via Innoreader Lire la Suite

La pluie tarde à faire son retour sur la France, où les hautes pressions continuent de se renouveler. L’amélioration pluvieuse tant attendue va-t-elle vraiment se produire d’ici à la fin de l’automne et durant l’hiver 2026-2027.
Une fin d’année moins arrosée que prévu ?
Les semaines défilent et l’amélioration pluvieuse tant attendue au cours de cet automne 2026 n’arrive toujours pas. Les hautes pressions se renouvellent perpétuellement sur le proche-Atlantique et les baromètres français ont beaucoup de mal à descendre.
Depuis quelques temps, la rupture entre ces conditions anticycloniques et le retour d’une météo plus perturbée tend à être repoussée. Initialement vu comme devenant plus humide, octobre sera majoritairement sec et tous les regards se tournent déjà vers novembre.
Selon les dernières prévisions, le retour de pluies copieuses qui était envisagé pour le mois de novembre 2026 devient moins évident. Nous sommes partis de scénarios très humides à la mi-septembre pour arriver à des scénarios misant sur une pluviométrie plus ou moins dans les normes en date du 13 octobre…

Anomalie pluviométrique en novembre 2026, modélisée à la mi-septembre puis le 13 octobre – tropicaltidbits.com
Pour l’heure, la rupture vers un temps dépressionnaire et pluvieux est donc repoussée de plusieurs semaines. Les modèles tendent à la reculer en seconde partie du mois de novembre avant une possible installation du flux océanique perturbé pour décembre 2026.
Les modélisations pour le trimestre hivernal 2026-2027 restent optimistes en terme de pluie. On estime que les probabilités d’enregistrer des pluies supérieures à la normale sont de l’ordre de 60 à 70% sur l’ouest et le sud de la France et même de 70 à 80% sur le nord et l’est du pays.
Malgré tout, ces modélisations à long terme restent à prendre avec un certain recul. Déjà, les modèles ont tendance à reculer l’amélioration pluvieuse depuis plusieurs semaines. De plus, un épisode d’El Niño historique est en cours et son intensité inédite est susceptible de donner du fil à retordre aux modèles saisonniers.

Probabilités de dépasser le cumul de pluie moyen sur l’hiver 2026-2027 – ECMWF
Pluie capitale face à une sécheresse critique
Il devient primordial que la pluie tombe en quantités suffisantes et dans la durée sur notre pays. Les précipitations qui ont pu être observées au début de ce mois d’octobre n’ont pas duré et l’amélioration fut bien trop faible à échelle nationale. Hormis dans le Languedoc et les Cévennes, les sols restent beaucoup trop secs.
À l’approche de la mi-octobre, les effets de la sécheresse sont toujours visibles aux quatre coins de la France. La nature continue de souffrir du manque de pluie, qui a débuté dès le mois de juin dernier. Nous nous apprêtons à vivre un cinquième mois consécutif avec une pluviométrie déficitaire.
Ce manque de pluie est particulièrement visible quand on regarde les cours d’eau. Plusieurs centaines de rivières et fleuves de France affichent des débits anormalement bas pour une saison automnale. C’est notamment le cas du Doubs, quasiment à sec sur certains tronçons en ce mois d’octobre 2026.

Le Doubs quasiment à sec à Villers-le-Lac (25) ce début octobre 2026 – photo Lucas André
La sécheresse n’est pas présente qu’en surface. Elle l’est également en profondeur où le niveau des nappes phréatiques chute anormalement bas. Au 1er octobre 2026, 66% des nappes de France affichaient des niveaux inférieurs à la normale, une situation inverse à celle observée à la fin du printemps.
Non seulement les deux tiers des nappes du pays affichent des réserves en eau trop basses mais le déficit devient très important dans plusieurs régions, tout particulièrement du Limousin jusqu’au nord-est de la France où les niveaux des nappes sont particulièrement faibles.
Cela a des conséquences directes sur le quotidien de dizaines de milliers d’habitants, privés d’accès à l’eau du robinet dans plusieurs communes. Le besoin en pluie devient urgent, d’autant que la saison de recharge des nappes a débuté et que celles-ci continuent de baisser, à une saison où elles devraient se remplir.

État des nappes phréatiques par rapport à la normale au 1er octobre 2026 – BRGM
Si la pluie ne tombe pas de manière régulière et conséquente au cours des prochains mois, la situation pourrait être dramatique pour l’année 2027. Il est primordial que la saison de recharge des nappes phréatiques – qui s’étend jusqu’au début du printemps prochain – soit suffisamment humide.
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Auteur : Alexandre Slowik
