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Cévennes : jusqu’à 150 mm dès la semaine prochaine, puis un épisode beaucoup plus fort possible en Roussillon

 

Après plusieurs semaines marquées par un temps très sec, la situation pourrait changer sensiblement sur le pourtour méditerranéen dès le début de la semaine prochaine. Les dernières simulations du modèle européen ECMWF font apparaître une première dégradation assez nette entre mardi et jeudi, essentiellement entre le Languedoc et les Cévennes.

Cette première salve pourrait apporter 50 à 150 mm de pluie en 48 heures sur les secteurs les plus exposés.

Mais un second signal apparaît ensuite autour du 8 au 10 octobre. Il est beaucoup plus lointain et donc nettement plus incertain, mais certains scénarios envisagent alors 100 à 250 mm en seulement 48 heures, dans une configuration météorologique potentiellement plus favorable à un épisode méditerranéen marqué.

À ce stade, il faut donc distinguer très clairement les deux échéances : un premier épisode qui commence à devenir crédible et un second qui reste seulement un scénario à surveiller.

Une première bascule dès le début de semaine

Le changement de temps serait provoqué par une évolution de la circulation sur l’Atlantique et l’Europe occidentale.

Une profonde dépression circulera sur le proche Atlantique tandis qu’un air plus froid en altitude progressera vers l’ouest de l’Europe. Dans le même temps, un flux de sud à sud-est pourrait faire remonter de l’air chaud et surtout très humide depuis la Méditerranée vers le sud de la France.

Cette confrontation est favorable à la formation de pluies parfois soutenues, notamment lorsque l’air humide vient buter sur les premiers reliefs du Massif central.

 


La proximité des basses pressions atlantiques favoriserait une remontée d’air humide méditerranéen vers le sud de la France.

 

 

Entre mardi et jeudi : jusqu’à 100 à 150 mm sur les Cévennes

 

Cette première dégradation est aujourd’hui la plus crédible.

Entre mardi 29 septembre et jeudi 1er octobre, le flux marin devrait se renforcer entre le golfe du Lion et les Cévennes. L’humidité méditerranéenne viendrait alors buter sur les reliefs, favorisant des pluies durables.

Le nord de l’Hérault, le Gard, la Lozère et éventuellement une partie de l’Ardèche apparaissent parmi les secteurs à surveiller.

Les dernières simulations font apparaître 50 à 100 mm assez largement sur les reliefs, avec localement 100 à 150 mm en 48 heures sur les zones les mieux exposées.

Ces quantités sont importantes, sans être forcément exceptionnelles pour les Cévennes au cœur de l’automne. Elles marqueraient néanmoins une rupture nette après la longue période sèche de ces dernières semaines.

 

 


Entre mardi et jeudi, les cumuls pourraient atteindre 50 à 150 mm en 48 heures sur les secteurs cévenols les plus exposés.

 

 

Un deuxième signal apparaît autour du 8 au 10 octobre

 

La suite est beaucoup plus incertaine, mais elle mérite une surveillance particulière.

Les projections ECMWF à longue échéance font apparaître une nouvelle goutte froide à proximité de la péninsule Ibérique autour du 9 ou 10 octobre, tandis qu’un anticyclone resterait installé beaucoup plus au nord, vers les îles Britanniques.

Cette configuration peut être propice à un épisode méditerranéen : située au sud-ouest de la France, la dépression contribuerait à aspirer de l’air humide en provenance de la Méditerranée et à l’orienter vers le Languedoc et les Cévennes.

Surtout, si les centres d’action évoluent lentement, le flux humide pourrait persister plusieurs dizaines d’heures sur les mêmes régions.

C’est précisément ce caractère éventuellement stationnaire qui pourrait faire la différence avec la première dégradation.

 

Carte synoptique du 10 octobre
Le scénario ECMWF envisage une goutte froide vers la péninsule Ibérique et des hautes pressions beaucoup plus au nord. Cette configuration pourrait favoriser une remontée persistante d’air humide méditerranéen vers le Languedoc.

 

 

100 à 250 mm en 48 heures dans certains scénarios

 

Les cartes d’accumulation associées à ce scénario sont spectaculaires.

Elles font apparaître 100 à 150 mm sur une zone étendue du Languedoc et des Cévennes, avec des secteurs atteignant 200 à 250 mm en seulement 48 heures.

De tels cumuls deviendraient beaucoup plus significatifs, notamment s’ils concernaient également les plaines et les piémonts.

Sur certains secteurs languedociens, 150 à 200 mm peuvent représenter plusieurs semaines, voire près de deux mois de pluie habituelle.

Mais il est essentiel de ne pas transformer ces cartes en prévision ferme.

À près de deux semaines d’échéance, la trajectoire de la goutte froide peut encore complètement changer. Elle pourrait rester plus à l’ouest, plonger vers le Maroc, remonter plus rapidement vers la France ou disparaître des simulations suivantes.

Dans tous ces cas, les quantités et même la localisation des pluies seraient profondément modifiées.

 

 

“Aiguat possible”
Dans le scénario actuellement simulé, 100 à 250 mm pourraient tomber en 48 heures autour du 8 au 10 octobre. À cette échéance, ces valeurs restent toutefois très hypothétiques.

 

 

Un signal à surveiller, pas encore un épisode annoncé

C’est donc toute la différence entre les deux phases.

Pour mardi à jeudi, le signal devient suffisamment proche pour envisager réellement un épisode cévenol, même si les cumuls précis restent encore à affiner.

Pour le 8 au 10 octobre, nous sommes dans une tout autre situation : il existe un scénario potentiellement beaucoup plus marqué, mais il est encore beaucoup trop tôt pour annoncer un aiguat ou même un épisode méditerranéen majeur.

La carte à 200 ou 250 mm constitue avant tout un signal de potentiel.

Il faudra notamment vérifier si la goutte froide persiste dans les prochaines simulations, si sa position reste favorable et si le flux méditerranéen demeure suffisamment long et stationnaire.

Après plusieurs semaines de sécheresse, le début du mois d’octobre pourrait donc marquer un changement notable de régime sur le Sud méditerranéen.

La première dégradation commence à se préciser. La seconde, potentiellement plus importante, ne représente encore qu’une possibilité parmi plusieurs scénarios.

 

 

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