Météo Republié via Innoreader Lire la Suite
Le 18 juin 2022, les habitants des Landes suffoquaient sous une chaleur digne des plus grands épisodes caniculaires du cœur de l’été. À Pissos, le thermomètre atteignait l’incroyable valeur de 43,4°C, tandis que Biarritz enregistrait 42,9°C, un record absolu historique. Pourtant, nous étions encore au printemps. Trois jours plus tard seulement débutait officiellement l’été astronomique.
Quatre ans après, cette canicule reste l’un des événements météorologiques les plus marquants de ces dernières décennies en France. Non seulement par son intensité exceptionnelle, mais surtout par sa précocité sans précédent. Un souvenir qui résonne d’autant plus fortement aujourd’hui que la France vient de connaître une nouvelle vague de chaleur remarquable dès la fin du mois de mai, avant une parenthèse plus fraîche qui pourrait bien être suivi d’un nouvel épisode caniculaire.
Une vague de chaleur historique avant même l’arrivée de l’été
L’épisode caniculaire de juin 2022 s’installe progressivement à partir du 9 juin avant d’atteindre son paroxysme entre les 16 et 19 juin. Très rapidement, les températures prennent une tournure inquiétante sur une grande partie du pays.
Dès le 14 juin, plusieurs stations du Sud-Ouest et de la vallée du Rhône dépassent les 37°C. Le lendemain, la chaleur gagne pratiquement toute la France avec plus de 30°C jusque dans les régions du nord. À Paris, le thermomètre franchit les 31°C tandis que Strasbourg approche les 32°C.
Le 16 juin, un premier seuil symbolique tombe : les 40°C sont atteints pour la première fois de l’année en France, un record de précocité à l’échelle nationale. Jamais une telle valeur n’est observée aussi tôt dans la saison sur le territoire métropolitain.

Évolution de la part du territoire français concerné par une chaleur forte, très forte ou extrême entre le trois le 1er et le 19 juin 2022 graphique meteo-villes.com
Le 18 juin 2022 : une journée d’exception
La journée du samedi 18 juin reste le point culminant de cette canicule exceptionnelle.
Avec un indicateur thermique national de 27,4°C, elle figure parmi les journées les plus chaudes jamais observées en France depuis le début des calculs nationaux. Seules les journées historiques du 5 août 2003 et du 25 juillet 2019 présentent des valeurs supérieures.
Le Sud-Ouest de la France se retrouve sous une véritable fournaise. Les départements des Landes, de la Gironde et des Pyrénées-Atlantiques connaissent des températures rarement observées, même lors des canicules les plus sévères du mois d’août.
Les relevés sont impressionnants :
- 43,4°C à Pissos (Landes)
- 43,2°C à Belin-Béliet (Gironde)
- 43,2°C à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques)
- 42,9°C à Biarritz
- 42,4°C à Soorts-Hossegor
- 42,1°C à Captieux
À l’échelle nationale, près de 90 % des stations météorologiques dépassent les 30°C tandis que plus de 60 % franchissent les 35°C.

Températures maximales relevées le 18 juin 2022 en France – lors de l’une des journées les plus chaudes jamais enregistrées
Des centaines de records battus dans tout le pays
L’événement ne se limite pas au Sud-Ouest.
Près de 200 stations météorologiques battent leur record de chaleur pour un mois de juin. Des villes comme Bordeaux, Nantes, Angers, Tours, Poitiers, Troyes ou encore Besançon connaissent des températures jamais observées aussi tôt dans l’année.
Certaines stations enregistrent même leur température la plus élevée tous mois confondus depuis leur mise en service, parfois après plusieurs décennies de mesures.
Les nuits sont également exceptionnellement chaudes, avec des minimales supérieures à 25°C sur de nombreuses régions. À Besançon, la nuit du 18 au 19 juin 2022 reste encore aujourd’hui la plus douce observée depuis l’ouverture de la station en 1885.
Un scénario qui rappelle les événements récents
Si cet épisode paraît encore exceptionnel, il rappelle pourtant certains phénomènes observés ces dernières semaines.
La fin du mois de mai est en effet marquée par une chaleur particulièrement précoce sur de nombreuses régions françaises. Sans atteindre les niveaux extrêmes de juin 2022, plusieurs secteurs enregistrent déjà des températures dignes d’un plein été, avec parfois plus de 35°C dès les derniers jours du printemps météorologique.
Cette nouvelle séquence chaude confirme une tendance désormais bien installée : les fortes chaleurs surviennent de plus en plus tôt dans la saison. Les épisodes autrefois réservés à juillet ou août peuvent désormais se produire dès la fin mai ou au mois de juin.

Une semaine plus fraîche… mais pas forcément durable
Après la canicule très précoce de la fin de ce mois de mai, un changement de configuration atmosphérique s’est produit avec le retour d’un flux océanique plus tempéré. Les températures sont repassées temporairement sous les normales saisonnières sur plusieurs régions, notamment dans la moitié nord.
Toutefois, cette parenthèse plus fraîche ne signifie pas que le risque de canicule est écarté pour la suite de la saison.
Nous ne sommes qu’au début du mois de juin et les périodes les plus chaudes de l’année restent statistiquement à venir. Les températures de surface de la Méditerranée sont déjà élevées, les sols demeurent souvent secs sur plusieurs régions et les modèles saisonniers continuent d’envisager un été plus chaud que la normale à l’échelle de l’Europe occidentale.
Un risque à surveiller pour la fin juin et le cœur de l’été
L’exemple de juin 2022 démontre qu’une situation caniculaire majeure peut se mettre en place très rapidement à cette période de l’année.
Une remontée d’air subtropical associée à un puissant blocage anticyclonique suffit à faire replonger la France dans des conditions très chaudes avant même la fin du mois de juin. Les épisodes observés ces dernières années montrent d’ailleurs que les vagues de chaleur précoces tendent à devenir plus fréquentes et plus intenses.
Il est évidemment impossible d’affirmer dès aujourd’hui qu’une canicule comparable à celle de juin 2022 se reproduit dans les prochaines semaines. En revanche, le contexte climatique actuel rappelle que ce type d’événement n’a plus rien d’exceptionnel dans le calendrier.
Avec ses 43,4°C observés dans les Landes dès la mi-juin, la canicule de 2022 apparaît désormais moins comme une anomalie isolée que comme l’un des premiers exemples des extrêmes thermiques auxquels la France peut être confrontée plus régulièrement à l’avenir. Et même si les prochains jours resteront plutôt frais frais, les fortes chaleurs pourraient bien revenir après le 15 juin et le potentiel de canicule demeure bien présent pour la fin juin comme pour les mois de juillet et août.

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Auteur : Guillaume Séchet

