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Fin janvier 1914, une partie de l’Aude est paralysé sous 1 m de neige ! À Puichéric, près de Carcassonne, la neige a presque englouti la voie ferrée. Deux locomotives à chasse-neige travaillent sans relâche pour dégager la neige. Leurs efforts font s’émietter le bloc de neige, mêlant fumée et poussière blanche emportée par le vent. Collection meteo-paris.com

 

 

Après une série de quatre hivers exceptionnellement doux, notamment l’hiver 1912-1913 où la neige était quasiment absente en plaine, une puissante vague de froid frappe la France du 12 au 31 janvier 1914.  

Les chutes de neige sont particulièrement importantes dans les régions Midi-Pyrénées, Auvergne et Languedoc-Roussillon, où la situation rappelle celle de l’hiver 1870. 

 

Le 15 janvier 1914, 25 cm de neige recouvrent Perpignan et Toulouse, plus de 50 cm à Béziers, entraînant l’arrêt des tramways pendant trois jours, remplacés par des skieurs ! Narbonne est complètement isolée, privée d’eau. Dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales, certains habitants, à court de vivres, sortent de chez eux par les lucarnes des toits et les cheminées. La ligne de chemin de fer de Puichéric, près de Carcassonne, est ensevelie sous près d’un mètre de neige, nécessitant deux énormes locomotives à vapeur équipées de chasse-neige pour dégager la voie. Les congères atteignent parfois plus de 6 mètres de haut, bloquant de nombreux trains dans la région. 

 

15 janvier 1914 : plus de 50 cm de neige recouvre les rues de Béziers (Hérault) ! photo exclusive meteo-paris.com

 

 

À Marseille, l’épaisseur de neige est telle que la ville ne peut plus être déblayée. Le rapide Marseille-Bordeaux de 19h55, qui arrive normalement à 8h le lendemain matin, ne parvient à destination que le 19 janvier à midi, soit avec un retard de 66 heures ! À son arrivée, les compartiments de première classe sont recouverts de 15 cm de neige ! On peut difficilement imaginer l’état des voyageurs après ces quatre jours de cauchemar. Les accidents de la route se multiplient, car le prix des voitures a considérablement baissé, rendant les petites merveilles de Renault ou Delage accessibles au grand public. De plus, les routes rurales sont rarement déneigées.

 

14 janvier 1914 : les rues de Marseille sont recouvertes d’un épais manteau blanc…

 

Au cours de ce mois de janvier particulièrement rigoureux, la station météorologique de Toulouse enregistre 27 jours de gel consécutifs, avec une température minimale de -15°C.  En région parisienne, les températures oscillent entre -10 et -14°C, provoquant le chômage technique des maraîchers de l’Ouest parisien.  Privés de nourriture dans les campagnes enneigées, des troupeaux de sangliers font irruption dans certains villages de l’Oise. De nombreux cours d’eau français sont pris par les glaces pendant toute la seconde moitié du mois.

Enfin, pour couronner le tout, une importante avalanche détruit plusieurs hameaux dans la région de Chamonix.  Il convient de noter que le froid s’étend également au Maroc et à l’Algérie, au point qu’une épaisse couche de neige recouvre Oudjda (Maroc), un phénomène exceptionnel dans cette région.  

 

Janvier 1914 : la Loire gel à Nantes… meteo-paris.com

 

 

 

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Auteur : Guillaume Séchet

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